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Internet peut être une source très riche en informations pour peu que l’on sache s’y frayer un chemin. Pour ce faire, il suffit d’utiliser des moteurs de recherche ou des annuaires, puiser dans les sites conseillés et suivre les liens qui y sont proposés. Internet peut ressembler à une base de données géante à échelle planétaire qui met à disposition de l’internaute beaucoup d’informations facilement accessibles. La plupart des informations, exception faite de certaines archives de la presse écrite notamment, sont gratuites. Elles sont aussi d’une grande diversité. Car ce qui fait la richesse d’Internet fait aussi sa complexité : la grande quantité d’informations qu’il contient a un corollaire, la diversité des sources. Ainsi est-il nécessaire de toujours se préoccuper de l’auteur du site donnant une information que vous reprenez à votre compte, sur votre propre site par exemple. Internet est aussi connu pour être un excellent propagateur de rumeurs, qui peuvent s’avérer être de vraies fausses informations.
Ces dernières années, le phénomène des fake news se propage aux dépens des internautes. Ces fausses informations peuvent être propagées dans des buts différents. Certaines ont pour objectif de tromper le lecteur ou d’influencer son opinion sur un sujet particulier. D’autres sont fabriquées de toute pièce avec un titre accrocheur pour densifier le trafic et augmenter le nombre de visiteurs sur un site. Plus récemment on peut retrouver ce phénomène de fake news avec l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès . Guy Joao, le retraité français d’origine portugaise qui avait été soupçonné à tort d’être Xavier Dupont de Ligonnès, a raconté pour la première fois, hier, son arrestation et les conséquences de cette erreur » inimaginable » dans un entretien à la chaîne de télévision française M6. » On est dans la science-fiction, c’est inimaginable « , témoigne le malheureux retraité. Arrêté à l’aéroport de Glasgow le 11 octobre 2019, l’homme a été pris à tort pour l’homme le plus recherché de France, suspecté d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants. Placé en garde à vue, à l’isolement, il devra attendre 26 heures pour être disculpé. Ses empreintes digitales, que les policiers écossais « n’arrivaient pas » à prendre correctement, s’y reprenant à plusieurs reprises dit-il, correspondaient partiellement à celles de Xavier Dupont de Ligonnès, selon la police écossaise. Ce sont des tests ADN qui ont finalement levé tout doute sur son identité. Guy Joao avait été victime d’une dénonciation diffamatoire qui proviendrait du site Internet Crimestoppers qui transmet à la police des signalements émis par des citoyens anonymes. Cependant de nombreux journaux, La Dépêche du Midi, Ouest-France, Le Dauphiné libéré, Le Courrier picard, L’Yonne républicaine, Dernières Nouvelles d’Alsace, Midi libre, Presse-Océan, Le Télégramme, L’Alsace, L’Ardennais, L’Est républicain et L’Union, sur la base de l’article du Parisien, d’une dépêche AFP envoyée à 21 h et confirmant les faits sur la base de cinq sources distinctes, font leur « une » affirmant sans nuance qu’il s’agit bien de Xavier Dupont de Ligonnès et les chaines d’information en continu diffusent des « éditions spéciales » toute la nuit et le lendemain matin. Interviewés tard dans la nuit et le lendemain matin, les voisins de l’homme arrêté déclarent pourtant aux enquêteurs et à la radio qu’il est « impossible » que l’homme arrêté soit Xavier Dupont de Ligonnès.
La propagation des fake news se fait à partir de différents facteurs. Si Internet est en possession de ressources, il est également un parfait endroit pour les fake news. Google Actualités, Facebook ou encore Twitter ont indirectement participé à la propagation de ces informations trompeuses. Face à ce phénomène, les géants du Web comme Facebook ou Twitter ont mis en place des dispositifs afin de pénaliser les médias qui diffusent ces mensonges dans le but de regagner en crédibilité pour leurs utilisateurs respectifs. Dans le cadre des élections présidentielles en France en 2017, Fa » bots » rattachés au gouvernement russe afin d’influencer les élections présidentielles américaines de 2016. Un bot informatique est un agent logiciel automatique ou semi-automatique qui interagit avec des serveurs informatiques et qui se connectent et interagissent avec le serveur comme un programme utilisé par un humain. En effet, le phénomène des fake news a pris une ampleur médiatique au cours de ces élections présidentielle de 2016. Aujourd’hui, il faut s’inquiéter davantage par rapport à avant. Le Web étant notre principale source d’information, la revue « Sciences » vient de démonter que la désinformation circule en moyenne six fois plus vite qu’une information véridique. Il y a des gardiens appelés « Gatekeepers » qui filtrent les fausses informations. Mais maintenant, avec l’essor des réseaux sociaux, leur pouvoir est affaibli. De plus, il y a la montée en puissance des «deepfake », vidéos montées de toute pièce qui utilisent l’intelligence artificielle pour créer de fausses images qui peuvent mettre en scène de puissantes personnalités tel Donald Trump, Vladimir Poutine ou encore Mark Zuckerberg, en leur faisant dire des paroles qu’ils n’ont n’ont jamais prononcé. Ces Deepfakes sont l’ultime déclinaison des fake news et sont incroyablement crédibles.

Caricature des fakes news dessinée par Man
Dans un entretien au journal « Le Un», dans le supplément 262 paru le 4 Septembre 2019, Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot et membre de l’Académie des technologies, estime qu’il faut surtout comprendre le fonctionnement de notre cerveau. Il insiste sur le fait que les fake news entraînent des dégâts sur la santé publique, par exemple avec la méfiance actuelle contre les vaccins. Pour lui, le principal risque de ce développement de ces fausses informations est ce qu’il appelle la « Démagogie cognitive », ce qui signifie, pour résumer, que chacun peut croire ce qu’il veut dans son petit monde. Il dit également que « Toute pédagogie de l’information est nécessaire pour la survie du monde tel que nous le connaissons . On doit aussi enseigner la façon dont notre cerveau peut nous tromper […] C’est comme si la rationalité coûtait plus cher. La fake news c’est le hard discount de la cognition ».
Les fake news sont aujourd’hui de plus en plus présentes sur le Web. Aujourd’hui la manière de s’informer est différente par rapport à hier. Les fakes news conduisent à une »véritable fracture du vivre ensemble ». Les Informations présentes sur le Web sont des informations disponibles et non hiérarchisées de plus en plus nombreuses qui sont parfois trompeuses, dans le but de ramener de l’influence à celui qui les publie.
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