Confidentialité en politique: lancez l’alerte!

 

Dessin par @garycartlidge sur SuperRare

A L’heure d’internet, les documents confidentiels des hommes politiques et des multinationales circulent de plus en plus à travers cette nouvelle plateforme. Bien que ce nouveau réseau informatique permette plus de démocratie grâce à sa large accessibilité dans le monde, l’information y circule plus librement et se propage à une vitesse phénoménale. De ce fait, les informations confidentielles en sont d’autant plus protégées. Cependant, certains hackeurs de talent arrivent à s’infiltrer dans les bases de données, à se les approprier et les diffuser sur le world wide web.

Julian Assange et Edward Snowden sont deux exemples très connus de lanceurs d’alertes c’est-à-dire des hackers qui ont réussi à s’approprier des documents politiques confidentiels et à les diffuser sur internet. Ces personnes considèrent œuvrer pour la sécurité des Hommes, et se considèrent porte-étendard de la liberté et de la démocratie.

Tout d’abord Julian Assange, a fondé le site Wikileaks qui consiste à publier des documents confidentiels sur internet, disponibles pour tous et il y a publié des millions de documents confidentiels à propos des modes opératoires de l’armée américaine en Irak. Il se définit comme un crypto-anarchiste. Il est actuellement en prison et il pourra en sortir d’ici un an.

Edward Snowden, quant à lui , est un ancien employé de la C.I.A ayant révélé au grand public la surveillance des masses aux Etats-Unis. Il relève également, que les appels, les données fournies et l’existence de certains programmes de surveillance comme « Tempora ». Il proclame avoir agi de cette manière pour alerter la population. Il défend la vie privée et la liberté sur internet. Il a été condamné par les autorités américaines de 2013 mais il a réussi à échapper à la case prison en se réfugiant dans plusieurs pays comme Hong Kong ou la Russie puis en 2019 il a demandé l’asile en France; demande qui n’a aucune chance d’aboutir.

Mais un cas encore d’actualité est celui de Chelsea Manning , une jeune femme américaine âgée de 31 ans. Alors qu’elle est au sein de l’armée américaine, elle diffuse 750 000 documents via Wikileaks sur les agissements et les bavures de l’armée américaine en Irak dont la mort de centaines de civils lors de la guerre d’Afghanistan. Elle a été condamnée en 2013 à 35 ans de prison mais elle est libérée en 2017 par Barack Obama qui lui permet de réduire sa peine à 7 ans de prison. Libérée aujourd’hui , Chelsea Manning risque encore la prison puisqu’elle refuse de coopérer avec la justice américaine pour témoigner contre Julian Assange. Récemment , elle dévoilait avoir subi de terribles tortures et d’avoir été extrêmement surveillée dans la prison où elle était retenue, au Koweït. Elle déclare même, au journaliste Tim Travers Hawkins « J’étais comme morte. J’étais en vie mais morte. Et je reste morte depuis ».

Les lanceurs d’alertes essayent d’occuper l’espace médiatique en diffusant des contenus qui peuvent servir l’intérêt public.

Par exemple, Rui Pinto a divulgué des informations secrètes concernant la famille princière angolaise Dos Santos ! En effet sur la plateforme PPLAAF il a révélé les manipulations financières de la fille de l’ex président angolais. Suite à cet article de Pinto, la justice angolaise accuse la famille Dos Santos et notamment Isabel, de fraudes, de blanchiment et détournement d’argent et de biens sociaux, actions qui auraient significativement appauvri le pays. Le gestionnaire de compte d’Isabel est lui aussi mis en accusation effectivement : il est décédé, retrouvé suicidé par pendaison dans son garage par la police. Isabel Dos Santos, âgée aujourd’hui de 46 ans a démenti ces accusations et annonce être prête à se battre devant la justice. Cette affaire constitue un point majeur de la politique de l’actuel président angolais, Joao Lourenço, de lutter contre la corruption.

De manière générale , on observe que les lanceurs d’alertes prennent de nombreux risques. Ils s’autoproclament défenseurs de la démocratie et de la liberté mais leurs actions manquent de légalité. Est-il légitime de se questionner sur un groupe d’individus qui malgré les lois tentent de servir l’intérêt général ? Le verdict du procès de Julian Assange permettra de connaitre l’avis des institutions et des administrations sur le sujet.

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