Le Mont blanc, pas si blanc que ça!

Quel est son réel tracé?

Aujourd’hui encore, la frontière du Mont Blanc est en débat. Le Mont Blanc est-il aux Français, aux Suisses ou bien aux Italiens? Telle est la question… A l’heure où l’Europe connaît beaucoup de problèmes notamment l’immigration ou le départ du Royaume Uni de l’Union Européenne, contre toute attente la frontière du Mont Blanc fait encore parler.

Le tracé de la frontière diffère selon les cartes françaises ou italiennes. Selon les cartes françaises, le sommet appartient à la France, la frontière passant par Courmayeur. Selon les cartes italiennes, la frontière est délimitée par la ligne des sommets.

Cette situation a une base historique, et s’explique en remontant en 1860, lors de l’annexion de la Savoie par la France. En effet, à la fin de la guerre d’indépendance de l’Italie, l’empereur Napoléon III annexe la région de la Savoie, un territoire disputé pour couper court aux combats. Cette annexion sera régie par le traité de Turin. Une carte assez imprécise sera jointe au traité, délimitant la frontière sur les sommets.

Mais peu de temps après, dès 1865, les cartes françaises commencent à présenter un nouveau tracé. Sur ces cartes, on peut voir que le point culminant du Mont Blanc appartiendrait à la France.

Ce ne sera qu’à la fin du XXe siècle que des questions sur le tracé commencent à surgir. Plusieurs ouvrages soulèvent le fait que le tracé du côté français n’a aucune base juridique. La situation commence à attirer l’attention du grand public, ce qui entraîne les autorités italiennes en 1995 à faire valoir leur position aux autorités françaises par un mémoire. La France s’abstient d’y répondre, et le flou concernant la frontière perdure. Aujourd’hui, rien de nouveau ne semble faire avancer la situation.

Le Mont Blanc s’élève au cœur du massif du même nom et constitue le point culminant de la chaîne montagneuse des Alpes. Il s’agit également du plus haut sommet d’Europe occidentale, d’où son surnom de « Toit de l’Europe ». Il se situe sur la frontière entre la France et l’Italie, au sud de la ville de Chamonix dans le département de la Haute-Savoie au nord-ouest de Courmayeur et dans la vallée d’Aoste au nord-ouest de Turin. Le tracé exact de la frontière est l’objet d’une controverse entre différents pays. Cette controverse est due au fait que juridiquement, il n’y a pas de frontière véritable entre la France et l’Italie. Une frontière étant un accord commun entre deux états, la limite sur le mont Blanc n’en n’est pas une puisque qu’il n’y a pas d’accord reconnu. La frontière entre la France et l’Italie est litigieuse en trois points du massif du Mont-Blanc. D’est en ouest : le col du Géant, la zone du mont Blanc et du mont Blanc de Courmayeur et le dôme du Goûter. Le point le plus emblématique et le plus discuté est le sommet du mont Blanc, point culminant des Alpes, qui se trouve entièrement en France sur les cartes françaises, et à la frontière sur les cartes italiennes.

Si la frontière du mont Blanc fait encore débat aujourd’hui c’est que de gros enjeux sont à la clé, économiquement principalement. Puisqu’en quelques chiffres le mont Blanc c’est : 4 stations de ski classées dans le Top 10 mondial des stations de ski alpin les plus fréquentées. Le mont Blanc est la première destination de montagne été comme hiver avec 65,4 millions de nuitées en 2014. Mais le mont Blanc est aussi une zone où le nombre d’emplois touristiques est le plus élevé (la troisième de France) après Paris et la Seine-Saint-Denis (plus de 210 000 emplois) le mont Blanc en compte plus de 46 000.

Le mont Blanc, c’est aussi une destination touristique qui rapporte gros. Il n’y donc aucune raison de laisser passer un bout de cette montagne, le tourisme y rapporte beaucoup puisque c’est la première destination touristique par la richesse dégagée. En Savoie Mont Blanc, la part de la richesse touristique dégagée représente 44% des richesses totales dégagées.

De plus la population vivant sur la zone du Mont Blanc (comme à Chamonix par exemple) est en constante augmentation. Celle-ci a d’ailleurs augmenté depuis le 19ème siècle, ou elle est passée de 1 925 habitants en 1800 à près de 9 000 en 2016.

Si le tourisme rapporte beaucoup dans les trois pays, avec la venue de touristes du monde entier et une augmentation de la population vivant sur cette zone, le mont Blanc est une parfaite zone de conflits économiques.

Mais ces litiges se matérialisent également à l’école, puisque les Italiens apprennent dans leurs manuels scolaires que le mont Blanc est le point le plus élevé de leur territoire alors que sur les cartes des manuels scolaires français, le sommet du mont Blanc appartient à la France.

Aujourd’hui, le tracé du mont Blanc est toujours flou. La situation ne semble pas prête à évoluer.

 

Laisser un commentaire

Site Web créé avec WordPress.com.

Retour en haut ↑

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer