
Définir l’espace Schengen

En 1984, les états membres de la CEE (communauté économique européenne) s’engagent dans la constitution d’un espace de libre circulation. Celui ci est créé un an plus tard par l’accord de Schengen, signé le 14 juin 1985 par la France, l’Allemagne de Ouest, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. L’espace Schengen est une zone géographique définie par la convention de Schengen (ville du Luxembourg) garantissant la libre circulation des marchandises et des individus entre les états signataires de l’accord de Schengen.En 1995, la convention de Schengen entre en vigueur dans 10 pays européens. Aujourd’hui, vingt-deux états membres de l’Union européenne et quatre états associés (Islande, Norvège, Suisse et Liechtenstein) font partie de l’espace Schengen. Ces 26 pays européens ont mutuellement décidé de retirer le passeport et les contrôles d’immigration à leurs frontières communes. Les habitants de ces 26 pays peuvent voyager librement à l’intérieur de cette zone et partager des droits égaux sur les voyages internationaux.
Connaissant les droits de circulation des citoyens de l’espace Schengen, nous nous demandons comment les habitants des autres pays entrent dans l’Espace Schengen?

L’accès inégalitaire dans l’espace Schengen
L’accès dans l’espace Schengen peut se faire par l’obtention d’un visa Schengen. Un visa Schengen est un visa de court séjour qui permet à une personne de voyager dans tous les pays de l’espace Schengenpendant 90 jours maximum dans un but touristique ou professionnel.Le visa Schengen est le visa le plus courant pour l’Europe. Ce permis permet d’entrer dans l’espace Schengen, d’y circuler librement et d’en sortir depuis n’importe lequel des pays membres. Il n’y a pas de contrôles aux frontières dans l’espace Schengen.Toutefois, pour étudier, travailler ou vivre dans l’un des pays Schengen pendant plus de 90 jours, il faut demander un visa national auprès de ce pays européen et non un visa Schengen. Plus de 14,2 millions de personnes ont utilisé leur visa Schengen en 2018 pour voyager en Europe.
Il y a également plusieurs type de visas Schengen pour des séjours à courte durée. Certains d’entre eux permettent de visiter un pays pour des raisons professionnelles,visite d’amis ou de la famille, tourisme et vacances, événements culturels et sportifs, transit aéroportuaire et maritime,visites officielles, raisons médicales ou encore des études et recherches pour une courte période.

Pour demander un visa Schengen pour voyager en Europe, il faut d’abord déterminer si il y en a besoin ou non en fonction du but du voyage et de la nationalité du demandeur. Si c’est le cas il faut déterminer précisément un plan de voyage, calculer le nombre de jours à passer dans l’espace Schengen, les ou le pays visités, le pays d’entrée et le pays de sortie de l’espace Schengen. Une fois que cela est compris , alors il faut passer en revue toutes les exigences de demande de visa Schengen et demander un rendez-vousdans l’un des consulats Schengen présents dans tous les pays. Le coût d’un visa Schengen est de 60 € par adulte. Selon l’âge du demandeur, sa nationalité et d’autres facteurs, certaines catégories de personnes devront payer moins cher ou ne pas payer du tout.
Malgré cela l’inégalité d’accès est tout de même présente. Les conditions de franchissement des frontières différent selon la nationalité. Les ressortissants des pays asiatiques ont besoin d’un visa obligatoire pour rentrer dans l’espace Schengen mais en Asie de l’est et du sud ouest (Japon, Corée) il suffit d’une carte d’identité a l’instar de l’Australie, la Nouvelle Zélande, les Seychelles, les Îles Maurice et l’UE nord puis UE sud (sauf Haïti, la République dominicaine, la Guyane, l’Équateur, le Pérou et la Bolivie qui ont besoin d’un Visa). Les ressortissants des pays d’Afrique doivent se contenter de prendre un Visa Schengen.
La question migratoire et la fin de la libre circulation

Les nombreux flux migratoires (on peut d’ailleurs noter que l’aéroport Roissy-Charles-De-Gaule est la première porte d’entrée de l’espace Schengen) et les attaques terroristes de ces dernières années ont incité les États membres de l’espace Schengen à prendre des mesures qui remettent en question le principe de libre circulation et la politique commune concernant l’immigration en Europe.
En effet, depuis 2015, les pays subissent de plus en plus la pression des demandeurs d’asile. Certains pays réintroduisent donc des contrôles à leurs frontières comme, par exemple, l’Allemagne afin de mieux gérer la rapidité avec laquelle les migrants arrivent. Cette décision est toutefois conforme à la clause de sauvegarde » des accords Schengen qui autorise un État signataire à rétablir des contrôles à ses frontières en cas de menace grave pour le pays, mais pas au-delà de deux mois.

Ainsi, à la fin de l’année 2018, l’Autriche, l’Allemagne, la France, le Danemark, la Suède et la Norvège ont suspendu la libre circulation. Lors de la même année, Bruxelles a appelé à cesser les contrôles aux frontières intérieures. L’Allemagne à rétabli des contrôles à ses frontière lors du G7 en juin 2015.
Certaines personnalités politiques veulent réformer les accords de Schengen ou même en sortir complètement comme Marine Le Pen, par exemple, afin d’éviter les migrations clandestines. Le Rassemblement National est donc pour une réhabilitation des postes douaniers et des contrôles aux frontières. Tandis que les partis de gauche sont défavorables à une sortie de Schengen car, économiquement et politiquement, cela reste compliqué notamment pour le tourisme. De fait les visiteurs étrangers devraient se procurer un visa exceptionnellement pour la France en plus de celui pour l’espace Schengen. Et à contrario, les Français devraient se munir d’un passeport pour circuler à l’étranger.

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